Hier, j'ai (re)marié mon père...
Si cela a été dur ? Oui.
D'y aller ? Non.
De l'assumer ? Peut-être.
Je crois que j'aime mon père. J'aime beaucoup sa nouvelle femme. Et plus encore sa fille, dont j'ai rêvé, enfant, d'être la soeur, moi qui n'en avais pas. C'est chose faite.
Mais mon père est heureux, actuellement, et ça, c'est insupportable, en particulier pour ma mère. Je crois qu'il a changé. Encore que cela soit toujours à affirmer avec précaution. Il a beaucoup bu hier. Alors qu'officiellement, il a arrêté. Et pour un mec sobre, il en parle beaucoup. Et franchement, pour un mec sobre, il a bien tenu le coup. D'un autre côté, il a complétement arrêté de casser du sucre sur le dos de son ex-femme de sa vie... Et puis, encore de l'autre, j'ai été la seule invitée, mis à part le fils dont il a actuellement la charge. Personne d'autre n'est au courant, ses autres enfants, et son ex, ne sont pas au courant de ce remariage. Et autant vous dire que quand ça se saura, ça va faire mal, et beaucoup de bruit. Le fait qu'il se remarie, de façon générale, sera probablement moultement critiqué. Le fait que j'y sois aller, en particulier, sans le dire, donc sans l'avouer, sans l'assumer, sera âprement discuté. Si ça me fait peur ? Oui. Oui, parce que mes relations avec ma mère sont déja trés difficiles, et ça ne devrait rien arranger. Mes autres frères m'ignorent, poliment, quand ils ne me méprisent pas pour la vie que j'ai choisi. Mon aîné, en particulier, ne m'a toujours pas pardonné mon mariage, ma fille, et l'ordre intimé, de colère, de venir chercher ses affaires qui stationnaient encore chez moi suite à son déménagement. faut pas me prendre pour une conne.
Bref, j'ai du mal à assumer la joie que je me suis donnée hier.
La fête fut belle, autant que la mariée. le marié était d'une joie sans bornes. Les alliances, offertes par la témouine du marié, furent digne de 4 mariage, 1 enterrement. Le repas fut bidonnant. J'ai bu suffisemment pour n'avoir pas à ramener la voiture à la fin des réjouissances. Ma fille, passée de mains en mains, a déclenché l'émerveillement général ("quels beaux yeux ! Et ces cils, tellement longs ! C'est son père tout craché ! Qu'elle est calme ! Qu'elle est grâcieuse !...). Un petit comité, avant la grande fête prévue dans quelques mois, pour laquelle mon père me promet d'inviter mes frangins, un petit comité, rieur, jovial.
La fête fut belle. Et m'a, réflexion faite, bien dédommagé des heures d'angoisse, des kilomètres d'ongles rongés, du ventre serré, des heures, des jours, des nuits, qui l'ont précédée.
Par Volubilis, Dimanche 8 Juin 2008 à 16:43 GMT+2 dans Petite famille (article, RSS)




