Volubilis

La Princesse au Petit Pois

Je ne suis plus "petite et pas grosse", je pense pouvoir l'affirmer sans mentir.

Par contre, il n'y a pas à chipoter, je suis vraiment une Princesse au Petit Pois.

Une vraie véritable ...

Comment ça, vous ne connaissez pas ? Mais si, ce conte, dans lequel la Princesse est toute mouillée, et alors, la mère du Prince... Non, attendez. On va reprendre depuis le début :


LA PRINCESSE AU PETIT POIS

(d'après un conte d'Andersen, ici conté par Vratislav Stovicek, et extrait de l'ouvrage "Les plus beaux contes du monde, illustré par Zdenka Krejcova)

Il y avait une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse, une parfaitement véritable princesse. Il avait parcouru le monde en tous sens pour trouver une fiancée qui répondît à ses vœux, mais il n'y avait pas réussi. Il y avait toujours quelque chose ; un je-ne-sais-quoi qui n'allait pas. Pourtant, des princesses, ce n'était pas ce qui manquait de par le monde, on en trouvait à chaque pas ; mais comment savoir si c'étaient de vraies, véritables princesses ? Il manquait toujours une preuve irréfutable.

Il rentra donc au palais de son père, déconfit et bien triste, et désirant toujours ardemment dénicher sa princesse véritable.

Un soir se déchaîna un horrible mauvais temps, on eut dit que tous les diables s'étaient mis en frais. Il tonnait, il ventait, il pleuvait à ne pas mettre un chien dehors. Tout à coup, on entendit frapper à la porte et le vieux roi alla ouvrir.

Devant la porte, se tenait une princesse. Mais dans quel état ! La pluie lui coulait du nez jusqu'aux pieds et passait au travers de ses chaussures, ses cheveux étaient tout collés et pendaient, sa jupe était trempée ! Un vrai désastre ! Et elle affirmait être une véritable princesse !

La vieille reine ne dit mot, mais pensa en elle-même :
« Bien ! Bien ! Nous allons voir... »

Elle alla préparer une chambre, sortit du lit tous les matelas et tous édredons et posa au fond un tout petit petit pois. Puis elle remit dessus vingt matelas et vingt édredons en duvet d'eider. Elle appela la princesse et la fit coucher.

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Le lendemain matin, ils lui demandèrent comment elle avait dormi.

La princesse poussa de gros soupirs et gémit :
« Affreusement mal ! Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit ! Dieu sait ce qu'il y avait dans ce lit ! Je ressentais sous moi quelque chose de si dur que j'en ai le corps couvert de bosses et de bleus ! »

A ces mots, ils reconnurent qu'elle était, véritablement et sûrement, une vraie princesse, puisque à travers vingt matelas et vingt édredons, elle avait senti le petit pois.

Aussi le prince La prit immédiatement pour femme. Quant au petit pois, ils l'exposèrent avec le trésor royal et vous pouvez l'y voir si vous en avez envie.

Et sa chez bien que mon histoire est une véritablement vraie histoire, qui est véritablement arrivée.


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De l'art d'être Petite

La panoplie de la parfaite petite petite.

Vous êtes petite ? Certains ont dit « rachitique », et vous n'avez pas aimé ? J'ai votre solution !
A ceux qui ont dit ça, commencez par leur dire, pour faire simple et en n'essayant surtout pas de vous grandir, que le monde est divisé en deux personnes : les petits et les cons.

Normalement, si vous êtes une vraie petite, vous devez courir vite. Courrez.

Ensuite : assumez ! C'est épatant d'être petite ! Tu te souviens pas de ce qu'elle te disait ta mère grand ? Les meilleurs parfums dans les petits plats, ce qui est mignon (argh !) est petit, tout ça ?

Ensuite : pensez aux grands qui ne savent pas où se mettre ! Vous, vous vous mettez partout... !
Pensez aux normaux-moyens, qui sont normaux-moyens !
Sans oublier que vous ne vous cognez jamais au haut des portes basses.
Alors, c'est-y-pas bien d'être petite ?

Bon, ceci fait, passons aux béquilles.

Oui, parce que si c'est bien d'être petite, tout le monde ne l'a pas remarqué, et le monde est désespérément fait pour les moyens-normaux. Donc il vous faut des béquilles. Elles sont aux nombres de 7, chiffre très magique et très pratique, pour ne parler que des plus importantes. Il s'agit de compenser le manque de matière que vous offrez aux regards pressés par toutes sortes de qualités remarquables, qui vont permettrons d'acquérir sereinement votre autonomie dans un monde de grand.

LA VOIX.
Haute bien sûr ! Si vous ne parlez pas fort, parlez vite, mais bien. Au minimum parler bien et surtout distinctement. Votre rire : jouissif. Pas d'intérêt à faire les choses à moitié. Pleurez vraiment quand vous pleurez, criez pour de vrai, énervez-vous à 100%.


LE SOURIRE
Ben pardi ! Mettons que votre voix, soit, fortuitement, comme la mienne, TROP haute, voire désagréable, ne l'infligez pas systématiquement ! Préférez le sourire pour intercepter l'inconnu qui vous aidera à attraper le magazine « Lire » que le tenancier met toujours désespérément trop haut, ou le parmesan, loin, loin de votre regard, au-dessus du rayon. C'est la première impression qui compte ! Si vous vous débrouillez bien, on vous trouvera « mignonne » (argh) et vous aurez une petite cajolerie en plus du paquet de parmesan.


LES YEUX
J'ai parlé de votre voix. C'est bon, on l'a remarqué, votre voix utérine de pucelle énervée ! Ne maquillez pas votre bouche, plutôt vos yeux. Ce que vous voulez, mais rien qui rétrécisse encore ! Donc le noir en petite quantité. Pareil pour les fringues d'ailleurs. Je suis sûre que le bleu, le rouge et l'orange vous vont à ravir. Sauf si vraiment vous aimez faire petite. Volu est toujours en noir. Le battement de cil : léger, presque invisible, il faut qu'il ne soit pas sûr d'avoir bien vu. Un mec qui se croit « branché » est toujours serviable. Souriez, clignez.

LE LOOK
Jetez les talons hauts, les coiffures à étages et les bouts de coton dans le sous-tif. Réfléchissez : votre but finalement, en faisant cela, c'est d'arriver à faire en sorte qu'un homme beau et fort enlève tout... vous me suivez ? Bon, et bien, là, qu'est-ce qu'il voit ? « Woua, t'es p‘tite, j'avais pas vu ! » Et de rire de vous. Ce serait bête, même si vous commencez à prendre plaisir à expliquer en quoi est divisé le monde.


LA POINTE DES PIEDS
Au cas où le type ne vous aurait vraiment pas vue, va falloir faire seule. Attention, être sur les pointes quand on est une petite, c'est pas comme quand les moyens-normaux le font ! Non ! C'est vraiment comme les danseuses, sur l'extrême bout des doits de pieds, sur une seule jambe et bras opposé tendu vers l'objet de ses convoitises, pour être le plus longue possible. Etirement vertébral, équilibre ultime pour l'optimisation de la réduction de la distance. A un moment, quand le dos coince précisément, on préfère aller chercher une chaise.

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LA CHAISE
Vous avez le droit d'avoir honte. Mais vous pouvez aussi ne pas, vous verrez, ça facilite la vie. N'ayez pas peur de traverser la salle à manger de vos hôtes, votre propre chaise à la main, pour aller chercher le sel sur le frigo, ça se fait chez les petits. Et un escabeau dans chaque pièce, c'est être prête à subvenir à n'importe quelle éventualité de nature domestique.

LE COUSSIN
Eh non... toujours pas la peine d'avoir honte. S'il faut demander un coussin chez le coiffeur, qu'y faire ? Dites-vous que vous êtes la mieux installée. SAUF si on vous apporte la pile de bottins... là, changez de coiffeur.

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