Volubilis

C'est à vous ces yeux ?

http://volubilis.jubiiblog.fr/upload/jeune%20et%20beau.JPG1.SAMEDI 23 AOUT : JEUNE ET BEAU.

J'adore aller à la bibliothèque, j'ai toujours aimer lire, les livres sont mes meilleurs amis. J'ai toujours aimé, mais j'aime encore plus depuis que le bibliothécaire est jeune et beau.

La première fois que vous voyez une chose aussi belle, en général, vous êtes surprise, vous vous frottez les yeux pour vérifier que vous ne vous êtes pas trompé. Des fois, c'est le cas.

Mais là, non.

Donc, moi, la première fois que je l'ai vu (à l'entrée de la bibliothèque, comptoir des emprunts), j'ai fait exactement pareil : j'ai cru être en train de rêver, parce qu'une beauté pareille, dans ma tête, dans mon imaginaire même, ça n'existait pas encore. Presque immédiatement après, je me suis dit que j'aimerais beaucoup lui plaire. Et puis je me suis ressaisie : si cela fait un an que je suis célibataire, moi qui suis dans la fine fleur de l'âge, c'est qu'il doit bien y avoir une raison. Finalement, je la connais cette raison : physiquement, j'ai douze ans, alors que j'en ai dix-neuf. Il ne me faut pas longtemps pour laisser tomber.

Il ne s'est pas passé deux secondes, mais je l'ai déjà enfoui le plus loin possible dans ma mémoire pour qu'il ne me fasse pas souffrir une miette de minute de plus.

À première vue, il ne s'est rien passé, et c'est la pure vérité : mentalement, j'ai fait ce qu'il fallait pour qu'il ne se passe rien. C'est l'attitude typique de celle qui préfère ne pas jouer plutôt que de prendre le risque de perdre, étant entendu qu'elle est « moche », « nulle » et « pas intéressante ». Diagnostic : carence de confiance en soi.

Par bonheur, chez moi c'est cyclique, et ça passe assez vite.

Quelques jours plus tard, j'y retourne, parce que j'aime toujours autant lire, et que je l'ai bel et bien oublié. Mais là, même hallucination, même réaction (je me frotte les yeux, prête à voir le miracle disparaître) ; sauf que ce matin, mon propre reflet dans le miroir m'a satisfaite, et je décide que j'ai toutes les chances de réussir.

lire la suite

aucun commentaire - aucun rétrolien

Poupées Russes

http://volubilis.jubiiblog.fr/upload/poupeerusses.jpg"Nous avons tous notre petite histoire, le résumé précis et concis, qui synthétise tout, nous et notre vie. Moi, ma petite histoire, c'est tout vu.

Je m'appelle Adeline et j'ai mal à ma vie. Pourtant j'ai un travail et une bonne paie, un bon patron, une bonne santé... sauf que je vis mal. C'est à cause d'Antoine. Enfin, pas "à cause" de lui, il ne fait rien en particulier qui puisse justifier ce mot, simplement, avec lui, ça ne va jamais. Ca me fait peur. Vous comprenez, je ne serais plus heureuse si je le quittai....Je ne dis pas que je suis heureuse, mais c'est quand même pas mal, non ? Et puis il m'aime, c'est drôlement important, ça aussi. Un homme qui vous aime, vraiment, comme un dingue au point de ne pas supporter l'idée de toucher une autre femme que vous, ça ne court pas les rues. Je suis la Déesse d'Antoine, et croyez-moi, ce n'est pas un rôle aussi simple et agréable à tenir qu'on veut bien le croire. Il n'aime que moi, n'a aimé que moi, n'aimera que moi. Il a travaillé des mois à l'édification de notre nid d'amour, bientôt lit de haine. Personne ne me croit lorsque je dis que ça ne va pas avec Antoine. Il me traite bien, il n'est pas menteur, s'occupe de la maison, et puis nous allons "tellement bien ensemble" ! Et pourtant, chaque jour, l'envie irrépressible de le frapper, lui crier dessus me bloque douloureusement la gorge... Des fois, j'ai du mal à l'entendre parler sans grincer des dents, à le regarder vivre autours de moi sans ressentir honte et colère, sans savoir pourquoi. Il mange, boit, respire toujours trop fort. Et puis, au bout d'un moment, parfois des mois, je me raisonne : ma condition est excellente, telle que je l'avais rêvée en fait.

lire la suite

aucun commentaire - aucun rétrolien

Tu ne me verrais pas...

http://volubilis.jubiiblog.fr/upload/oeil.JPGJe voudrais pas être sur cette terre
Parce que c'est rien qu'un trou
Des grands murs vides autours
Et beaucoup trop de gens
Qui font caca dedans.

Je pourrais être rien
Au milieu de rien
Une tâche sur le mur
Un bout de terre qui tombe du trou
Sur ta gueule.


Je voudrais pas être un Homme
Parce qu'alors : il faut
Je dois, attention, s'il vous plait
Gratter les miettes
Et pousse-toi de là que je m'y mette.

Je pourrais être un bout de brise
Un atome de vent
Je pourrais aller et venir
Sans devoir me faire croire
Que j'ai besoin d'aller quelque part.


Je voudrais pas être une femme
Parce que ça fait mal à la tête
Qu'ils ont fait le monde pour eux
Et qu'à la place d'aimer
Ils préfèrent décorer.

Je pourrais être la bulle d'air de ton hoquet
Le rayon de soleil dans ton œil
Du sel en trop dans ta soupe
Une odeur de merde
Que tu contournerais


Je voudrais pas être citoyenne
Barbouze de Grand Guignol
Avec mon bulletin de vote
Et ma carte à pointer
Comme pains de ce jour.

Je pourrais être grain de poussière
Sur le chemin

Juste sous ton talon
Tu ne me verrais pas.

1 commentaire - aucun rétrolien

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://penseesderonde.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Journal intime